Hommage à Jean-Denys Boussart

Président de la FGFW décédé ce 10 mai 2017

Mon Cher Jean-Denys, Cher Président,

Le réveil fut compliqué en ce 10 mai 2017. Qui aurait cru entendre pareille nouvelle… Et pourtant, passée la surprise de l’annonce, la dure réalité est là.

Jean-Denys, tu n’es plus là. Et je ne sais pas ce qui sera le plus compliqué dans tout cela: continuer à défendre bec et ongle le folklore wallon et nos belles traditions ou savoir que le son de ta voix ne viendra plus éclairer nos conseils d’administration, nos sorties folkloriques, nos Assemblées Générales.

A mon niveau, cela faisait plus de 15 ans que l’on se côtoyait. Au fil du temps, tu avais réussi à dompter les fougues du « gamin » que j’étais alors, tout en étant toujours à l’écoute de mes idées et en soutenant mes projets. Depuis tout ce temps, notre passion commune du folklore nous avait bien entendu rapprochés et en la matière, je te considérais comme un mentor, en plus d’être un ami.

Bien entendu, nous n’étions pas toujours d’accord sur tout. Des débats homériques sans fin, nous en avons eu. Et que n’ai-je pesté sur tes retards concernant des documents administratifs. Mais toujours tu cherchais à satisfaire chacun, privilégiant le compromis et l’apaisement à la dispute frontale inutile et contre-productive. Et le grand « gagnant » dans tout cela, c’était au final toujours le folklore.

Tu disais souvent être heureux que notre Assemblée Générale annuelle ne soit plus comme avant une grande messe administrative, mais un moment festif de la vie de notre ASBL. Je ne sais pas si tu en étais conscient, mais cette ambiance de fête, c’était à toi qu’on la devait. Nous n’oublierons pas que l’un des grands moments de ces AG, attendu par tous, était la lecture de ton rapport moral annuel. Et que dire de tes discours qui passionnaient les foules.

Je regarde le texte écrit de ta main de ton rapport annuel 2017, je relis tes mots, et ta voix résonne dans ma tête alors que les phrases s’égrènent. Un jour, il me faudra dactylographier ce texte, devenu hier par la force des choses ton testament folkloriques auprès de notre Fédération. Un jour, mais pas aujourd’hui, ni demain… D’ici quelques temps peut-être…

Aujourd’hui, au lendemain de ton décès, j’ai encore du mal à réaliser. Je ne sais pas vraiment de quoi demain sera fait, mais cela ne sera plus jamais comme avant. Une chose est certaine, nous continuerons le combat, ton combat, pour préserver, sauvegarder et faire vivre nos belles traditions wallonnes chères à ton coeur.

Où que tu sois désormais, j’espère que tu y as retrouvé Fanny, Jean-Luc, Marthe, Albert, Anne-Marie, Julien, Marc, Michel et tous les autres, et que vous dansez un cramignon endiablé.

William Shakespeare a écrit « L’esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et que l’amitié le console ». Mais aujourd’hui, c’est l’ami qui est parti et le chagrin mettra du temps à me quitter…

Nous ne t’oublierons pas, je ne t’oublierai pas Jean-Denys.

Frédérick Detournay
Secrétaire général de la FGFW


Cher Président, Cher Monsieur Boussart,

L’annonce de votre départ si soudain a provoqué un véritable séisme au sein des groupes de la FGFW et nous nous sentons orphelins à l’heure qu’il est car nous perdons en vous un ardent défenseur du folklore liégeois en particulier et du folklore wallon en général, que l’on soit Porais de Tilff, Haguète du Mam’di, Chinel de Fosses, membre de la Société Royale Moncrabeau ou encore Marcheur de l’Entre-Sambre- et-Meuse.

Vous aviez un talent oratoire certain et vos discours n’avaient rien de soporifique car on y trouvait toujours quantité d’expressions savoureuses qui nous faisaient beaucoup rire. Toutefois, si vous maniiez la langue de Voltaire avec beaucoup d’habileté, vous restiez un grand amoureux du wallon. Nous nous rappelons en effet avec beaucoup d’émotion qu’au terme de chaque AG de la Fédération, vous entonniez avec énormément de ferveur le Ban liégeois et votre verve communicative entraînait toute l’assemblée même si certains membres n’avaient qu’une connaissance très approximative des paroles…

Pour votre oeuvre de défense et de promotion de nos traditions, pour vos bons mots, pour votre gentillesse et tous les moments heureux passés en votre compagnie, nous vous disons un vibrant « Merci! ».

Au revoir, Cher Président, Cher Monsieur Boussart, que de là où vous serez désormais, vous nous envoyiez l’inspiration et que vous nous insuffliez de bonnes idées afin d’assurer la pérennité de notre riche patrimoine folklorique.

Au nom du Comité de la Marche Notre-Dame et des Marcheurs de Walcourt, nous présentons nos sincères condoléances aux membres de votre famille ainsi qu’à tous vos amis folkloristes et nous prenons part à leur profonde douleur.

Fanny Duchateau, Présidente de la Marche Notre-Dame de Walcourt
David Verzwymelen, Adjudant et représentant de la Marche Notre-Dame à la FGFW


Am'vî camaråde!

A si long qui dj' y tûze, dji 'n' visa måye oyou dîre dès måles paroles à nouk'. Vos avîs vos idèyes, vos lès disfindîz , sins nè voleûr ås ci qui pinséve li contraire. A dès mots qui dj'a rit'nou "sémillante", "ça va qu'arèdje !" On djoû em'vwèture, vos gruzinîs "Li Tournikèt d'à Bêfi".Voss' tournikèt s'a aresté. Li novè Prèsidint årèt målåhî di s'mète dizo voss' tchapèt.

Por vos dji sène "Djôzef di Bellaire".

Joseph Bonfond, Conseiller FGFW.


Mes binameyes djins, comme avait coutume de le dire noss’ Jean-Denys…

J’ai connu Jean-Denys au moment de son élection à la Présidence de la Fédération des Groupes Folkloriques Wallons… la FGFW. C’était au Palais des Prince-Evêques de Liège, début des années 90.

Jean-Denys était déjà libre et frondeur: il avait déjà acquis la notoriété… et le privilège de pouvoir dire, de façon naturelle, tout ce qui lui plaisait. « On est libre que si on est frondeur ».

En ce temps-là, je trouvais que la fédération était un peu en léthargie. Jean-Denys lui a redonné vie. Tout d’abord , Jean-Denys s’occupait de l’organisation du cortège folklorique des fêtes de la Wallonie à Liège. Cela a permis de faire connaître les groupes folkloriques, mais aussi d’obtenir des subsides de la part de la Communauté Française.

Ca permettait aussi de donner un coup de pouce à nos groupes, lorsqu’ils exportaient hors de nos frontières le folklore wallon, ou lors de leurs festivités d’anniversaire.

Sous sa présidence et son impulsion, la FGFW a organisé des expositions un peu partout en Wallonie, elle a édité une bande dessinée sur le folklore wallon en 2010, elle a co-financé l’édition d’un livre sur le Folklore Wallon en 2015. Quel dommage, cher Jean-Denys , que tu ne l’aies pas écrit toi-même! Son ami Michel Charlier a aussi réalisé un film de présentation des principales manifestations de nos groupes folkloriques.

Jean-Denys a créé la journée de la FGFW, qui permet aux groupes affiliés de se retrouver chaque année au moment des fiesses del’ Walonreye. Première édition en 2013, à Malmédy, à Mam’di, amon les Haguetes! Quelle réussite!

« Inte frês del Walon’reye on s’veut voltî » répétait-il volontiers.

« Noss » Jean-Denys avait un amour et une connaissance immense du folklore, mais ce n’était pas un administratif. Je me souviendrai longtemps des petits déjeuners chez Alphonse, avec Juju, ton premier secrétaire ET trésorier à la Fédé. Eh oui, En ce temps-là, on pouvait encore cumuler.

Tu adorais l’ambiance de ce café populaire italien, où les habitués jouaient aux cartes et s’invectivaient en dialecte.

Une des dernières fois où on s’y est rencontrés, c’était pour finaliser le dossier subsides pour la Communauté Française. On était déjà hors délais… Rien d’étonnant… On s’était fixé un premier rendez-vous. Tu n’étais pas venu… Rien d’étonnant.

Bref, un deuxième rendez-vous est fixé. J’y suis, je t’attends et je croise un de tes compagnons de Saint-Pholien, qui me présente un pasteur anglican, qui dirige la paroisse Saint-Nicolas, en Angleterre. Tu arrives, on finalise la paperasse, Il ne manque que ta signature de Président, ma signature de Trésorier, et celle… du secrétaire, qui habite… Ath. Pas de souci pour la signature, Jean-Denys a demandé au pasteur de Saint-Nicolas, de devenir l’espace d’un instant secrétaire de la Fédération des Groupes Folkloriques Wallons. « C’est pour la bonne cause », lui avait-il dit pour le convaincre. Du Jean-Denys pur jus!

Au revoir, Jean-Denys. Au revoir, Maïeur, Président… Ar’vèye, vî fré! Et merci pour tout.

Jean-Luc Bourseaux
Ton fidèle trésorier


Permettez-moi au nom de la République Libre d’Outre-Meuse d’adresser un message de sympathie à l’égard de la famille de Jean-Denys Boussart, de ses proches, de ses amis et bien évidemment de ses frères et soeurs de la Commune Libre de Saint-Pholien.

On aura dit bien des choses sur nos deux comités… alors que tu portais avec fierté le titre de citoyen d’honneur de la République Libre d’Outre-Meuse.

Il y a quelques semaines, c’est ensemble que nous organisions l’Assemblée générale de la Fédération des Groupes Folkloriques Wallon à la Caserne Fonck, en face de chez toi comme tu nous l’avais dit avec la malice qui te caractérisait… c’est ensemble que nous avons été en cortège vers le monument Tchantchès entouré de plus de 200 membres de différentes sociétés qui ironie du sort se retrouvent aujourd’hui pour te rendre l’hommage que tu mérites.

Nous savions que cette soit-disante rivalité n’était rien d’autre que la passion pour notre Ile, pour notre folklore, pour nos traditions.

Nous, les folkloristes, dès que nous entendons les premiers roulements de tambours, une force irrésistible nous pousse à nous lever pour aller voir la musique qui passe dans la rue.

Tu as été élevé dans l’atmosphère des potales, des histoires de marionnettes, des airs de cramignons, des légendes, des odeurs de bouquettes et de boulets, de la truculence des personnages populaires et très vite tu appris que la meilleure manière d’être liégeois était de lever son verre de pékèt à la santé de Tchantchès.

Tel Simenon, tu arpentais chaque jour les rue de ton quartier… Tu connaissais ses habitants, ses maisons, ses rues et ruelles, le moindre de ses pavés.

Grâce à toi nos traditions ont pu continuer à exister avec la fête Saint-Pholien, la Saint-Pierre, la Sainte-Barbe et cette vénération ne t’empêchait pas d’aller chanter d’autres psaumes devant Li Torè, toi l’éternel étudiant.

Lors de la nuit de Noël, tu changeais ton bicorne de Mayeur par un chapeau de berger pour conduire la Marche à l’Etoile.

Et puis, que serait nos vendredis sans la brocante installée en bas de chez toi, boulevard de la Constitution.

Ton Ile ne te suffisait pas, c’est Liège qui fut ton terrain d’aventure et tes connaissances en matière de patrimoine ont fait de toi un expert… un incontournable pour connaître notre histoire.

Ensuite, tu as dépassé les limites de notre Principauté pour devenir le spécialiste du folklore wallon et ainsi devenir le Président de la Fédérations des Groupes Folkloriques Wallons.

Souvent tu t’es battu contre les grandes institutions culturelles pour affirmer l’importance du folklore et de la langue wallonne.

Dans un monde où tout doit aller vite, où il faut être connecté, toi tu débarquais dans les rédactions avec « polliette » pour distribuer tes articles tapés à la machine à écrire.

Ce qui fait l’identité d’une communauté ce sont ses rues, ses habitants, ses commerçants, ses coutumes… tout cela ce sont des points de repères et tu étais l’un de ses repères.

Sans Toi, nous n’entendrons plus de la même manière le clocher de St Pholien, nous ne verrons plus passer de la même manière nos processions et cortèges, nous chanterons plus de la même manière le banc liégeois ou de l’hymne de Saint-Pholien, ta silhouette nous manquera le vendredi sur la brocante.

Là où tu es, tu vas rejoindre les personnages populaires que tu aimais tant. Tu vas retrouver ta « Ma tante Jeanne », frère Alfred, le garde champêtre Tintin, ceux et celles de ta famille sans oublier Philippe Sluse, Président des Porais Tilffois parti quelques jours après toi.

Merci pour ce que tu nous as apporté et pour le modèle folklorique que tu as été pour Moi.

Le Valeureux Liégeois, c’était Toi.

Christian Desloovere
Vice-président de la République Libre d’Outre-Meuse.